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J'ai eu la prétention de croire que je compterai un jour aux yeux de quelqu'un...

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Message par Andsyl Sam 19 Fév - 14:29

J'ai eu la prétention de croire que je compterai un jour aux yeux de quelqu'un..."


J'ai eu la prétention de croire que je compterai un jour aux yeux de quelqu'un...  110320082835392417



On y est, le pire moment de la séance est arrivé… Je sens l’appréhension monter en moi, m’envahir toute entière. Si quelqu’un lisait dans mes pensées, il trouverait peut-être ça ridicule, puérile même. Pourtant, elle est bien la. Cette sensation de peur, d’étouffement, de se sentir compressé. Je regarde d’un air désespéré les deux personnes en face de moi, d’un air voulant dire « Prenez-moi, s’il vous plait ! » Mais à chaque cours, le rituel est le même. Les noms fusent, en premier pris sont les plus populaire, comme d’habitude… Jonathan, Manon, Florian, Lou, Adriane, Gaëtan, Adrien, Océane… Les gradins commencent à se vider, petit à petit, le groupe est divisé en deux. Laura, Yannis, Flavie… Le vide ce fait autour de moi, mais je reste là, comme le parasite dont personne ne veut. J’ai envie de pleurer, je sens le regard de toutes ses filles sur moi, j’entendrais presque d’ici leurs pensées sinistres à mon égard : « Ah elle est toute seule, la loose! En même temps, elle est trop conne cette fille ! » J’ai envie d’exploser, de sortir toute la haine qu’elles ont à mon égard de mon esprit. Mais après tout, elles ont bien raison. Je suis seule, en face d’un groupe entier d’élèves, pourtant de mon âge… Mais certainement pas du même monde.

Comme prévu, le dernier chef d’équipe choisit Gwendoline, la dernière hormis moi dans les gradins. Je me lève, et me dirige vers le dernier groupe. Comme à mon habitude ces derniers temps, je fixe le sol, le regard vide, et me dirige vers la seule personne qui dans cette classe compte vraiment pour moi ; ma seule amie : Mélanie. Elle me fait un sourire en coin, le sourire désolée de la copine compatissante. Elle n’a pas à s’en faire… Après tout, ce n’est pas de sa faute si je suis rejetée de tout le monde ici. Elle, elle n’y est pour rien. Le professeur de sport nous dit de nous placer, et le jeu commence : une balle aux prisonniers. Et dire que l’année prochaine, nous rentrons au lycée ! Toutes les filles de l’équipe d’en face me regardent comme un Pitbull voulant sauter sur un intrus, la haine coule dans leur regard. J’essaye pourtant désespérément de l’ignorer, ce qui n’est pas une choses évidente. Comment ignorer la haine, le dégoût, que l’on peut inspirer à certaines personnes? Comment peut-on ignorer que tous ses êtres pourtant humains vous haïssent à ce points? Je ne peux l’ignorer, je ne peux que le supporter. Porter tout ce poids sur les épaules, crouler dessous, mais ne jamais le montrer, sauver les apparences… Après tout, les gens ont d’autre choses bien plus importantes à faire que de s’occuper d’une pauvre et méchante chose comme moi.

Le jeu se déroule pourtant sans incident, personne ne m’a encore sauté au cou ou fais de croche –pied, bien que ce ne soit certainement pas l’envie qui leur en manque. La partie se termine enfin, le calvaire va prendre fin. Du moins, pour cette journée; car demain sera un renouvèlement d’aujourd’hui. Je purge ma dette de cette façon, en supportant jours après jours tous ses regards, toutes ses moqueries, tous les coups-bas possibles et imaginables, tous ses sourires moqueurs et méchants de ces personnes qui ont un jour été une grande partie de ma vie. C’est le cœur secrètement lourd que je me dirige vers les vestiaires, avec une seule envie, celle de fondre en larme et de partir, pour ne jamais revenir. Mais ceci m’est impossible. Car même si la possibilité de partir de cet établissement de malheur m’était donné, je n’arriverai plus à m’ouvrir. Mon cœur et mon esprit se ferme petit à petit, tel une huitre protectrice, par des murs tellement épais que je ne sais même plus si je pourrais moi-même les détruire. Mon cœur est fissuré, et le seul pansement que j’ai trouver jusqu'à maintenant reste du béton ciré.

Mais non, je ne suis pas un chêne, je ne suis pas forte, je ne suis pas non plus insensible, bien au contraire ! Chaque regard me blesse, me fissure en deux à petit feu. Je ne suis pas insensible, je sais juste bien mentir…



Dernière édition par Andsyl le Dim 20 Mar - 22:26, édité 3 fois
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Message par Andsyl Jeu 24 Fév - 0:29

Mardi 8 février 2011, 9 heures 45 minutes 35 secondes

Mes mains sont moites, transpirantes, sanglantes. Elles sont fermées en poing au cas où le drame surviendrai, les tendons sont durs, contractés, le sang bat dans mes veines à une vitesse vertigineuse. On pourrait croire si on ne m’observait pas un long moment, ne remarquait pas les simples détails de mon visage durcit, que j’étais juste impassible, seulement le regard perdu dans le vide. Pourtant, mon cerveau entier est en ébullition, tous mes sens sont en alertes, je suis prête à bondir au moindre signe suspect.
Cette scène est pourtant tellement banale, simple, elle fait partie de la vie de tous les jours, intégrer tellement facilement et subtilement dans un quotidien… Et pourtant c’est une angoisse pour moi, car elles sont deux, et moi, je suis seule. Joanna et Manon, juste en face de moi, à quelques mètres seulement. Elles sont toutes les deux très calmes, elles exécutent juste un geste quotidien, devant un simple miroir. De temps en temps, le silence lourd et pesant régnant en maître est coupé par un « Tu me passes ton gloss? » ou un « Oh du crayon noir, je peux? Tu l’as acheter où? ». Pathétique.
Je regarde par terre, vous trouverez certainement ça lâche, mais je ne peux faire autrement. Malgré moi, elles me dominent. Je ne peux rien y faire, c’est la loi des choses. Il y a les dominants et les dominés. Je fais hélas partie de la deuxième catégorie… Et encore. Je ne suis rien, rien du tout, à part une petite chose misérable et inintéressante. Je ne devrai même pas exister. Je commence petit à petit à relever la tête et à regarder le décor de cette salle. Enfin, salle est un bien grand mot: Quelques mètres carrés, un lavabo, un miroir (fissuré) deux portes taguées au gré des envies (dont une cassée). Le tableau parfait de simples toilettes de collège.
J’ai tellement de souvenirs pourtant ici. Tiens à gauche la, par terre, j’ai pleurer l’année dernière à cause d’une punition bien saucée… Mes parents allaient me tuer. Et dire que ça ne fait qu’un an… La où je me situe, j’ai un jour pleurer pour un manque, une personne disparue a jamais… Comme en face. Je me rend vraiment compte que j’ai beaucoup verser de larmes, de cris, et de douleur dans cet espace si confiné. Quelques rires aussi, avec différentes personnes. Certaines sont restées, d’autres sont parties. Ceci aussi est la dure loi de la vie.
La cloche sonne, je sursaute. Les deux adolescentes en face de moi se retournent, me regarde de bas en haut, pouffent de rire et partent. Mélanie passe enfin l’entrebâillement de la porte, et me dit de me dépêcher, que nous allions être en retard… Mais je ne suis qu’a moitié présente, qu’à moitié en train de marcher dans le couloir vers ma prochaine salle. La seule question que je me poses en ce moment est comment? Comment vais-je tenir jusqu'à la fin de l’année? Vais-je vivre? Non, survivre.

Mardi 8 février, 22 heures 02 minutes 15 secondes.

Je pleure. Non rectification: j’essaye de provoquer un déluge sur mon oreiller. Les larmes coulent tel une cascade après la saison des pluies sur les parois lisse de mes joues. Je pleure, mais personne ne le sait. La discrétion est primordiale dans ma situation. Je ne peux pas panser mon cœur qu’avec du béton ciré, par moments ma vraie nature, celle de l’adolescente trop sensible, ressort; c’est inévitable. Pourquoi? Pourquoi suis-je si différente? Je n’ai pas ma place dans ce monde. Rentre pas dans le moule. Je ne peux plus supporter cette pression, ces regards, ce cauchemar. Mais je n’ai pas à blâmer mon prochain, je suis la fautive dans l’histoire. Mathilde a certainement raison, je ne vaux rien, je ne suis rien. Elle devrait me cracher a la gueule comme, elle me l’a dit, elle le rêve tant: je servirai au moins à ça.
Tout, tout est de ma faute. Pourquoi ai-je dit ça, pourquoi ai-je soutenu ces paroles? Je suis tellement conne. Je ne devrais même plus sortir, me laisser mourir dans cette chambre, mourir d’une mort lente et douloureuse. Le monde serait débarrassé d’un point noir énorme. Les sanglots reprennent de plus belle, car même cette possibilité ne m’est pas offerte. Car le dernier lien qui me raccroche a la vie, la dernière ficelle, est certainement la plus solide de toutes. Son visage s’impose alors à moi, dans sa perfection née. Cet homme, celui qui a été la dans les pires moments, celui qui me soutient malgré… Les larmes reprennent, il me manque tellement. Mon cœur se fissurent a nouveau en deux, j’ai envie de hurler ma tristesse. Mais je dois me taire, non Anaïs, je te rappelle que tu n’as plus le droit a la parole.


Ce sent tellement seule, trop différente… Rentre pas dans le moule…
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Message par Andsyl Dim 20 Mar - 21:42

J'ai eu la prétention de croire que je compterai un jour aux yeux de quelqu'un...  1645076128


Jeudi 10 février 2011, 8 heures 12 minutes 21 secondes


Je regarde par terre, j’ai honte. J’aimerais tellement me cacher et me retourner pour fuir, courir et fuir. Mais ceci m’est impossible, je dois y aller, comme tous les matins, vers cette case de verre. Joanna me regard d’un air de mépris total, me considère certainement comme une moins que rien. Elle a raison après tout, c’est ce que je suis. J’enchaine les pas avec ce poids énorme sur les épaules, fixant le sol avec toute l’intensité possible. J’ai honte, seulement envie de pleurer, et de m’enfoncer dans le néant. De mourir. J’arrive près de l’abri de bus, les gouttes commencent à tomber, au rythme de la musique irrégulière de la pluie. Bien que je commence à prendre la pluie, je préfère rester à extérieur de l’abri. Le contact avec mes « ennemis » n’est pas bon, je risquerais de le regretter. Quelques minutes plus tard, le bus arrive enfin à destination. Me mettant à la fin de la file, j’attends de pouvoir enfin me réfugier sur mon siège. Ce cauchemar-ci est terminé, pour aujourd’hui…


Jeudi 10 février 2011, 23 heures 45 minutes 02 secondes

Je me rends compte que je vis constamment dans la peur. La peur de maintenant, la peur du lendemain, la peur d’y retourner, la peur de la perdre, la peur de le perdre… Un constant sentiment d’appréhension et de désespoir. Une constante envie de pleurer, et de fuir. Ma vie ne rime a rien, à rien du tout ! Elle est terne, toujours de la même couleur, noire. Rien que d’y penser, les larmes m’envahissent. Mes cris de S.O.S ne s’entendront donc jamais? Aurais-je seulement un jour une personne qui me comprendra parfaitement, a qui je pourrais tout confier? Je ne peux plus tout contenir en moi, tout contenir et ne rien laisser paraître. Je tombe, petit à petit. J’en ai parfaitement conscience, mais je n’arrive tout simplement pas à me rattraper. Cette sensation de connaître l’impact au sol, savoir qu’il faut se retenir, un instinct de survie, mais que les bras battent dans de l’air. Tout est incertain, j’ai l’impression que le peu qui me reste va s’écrouler autour de moi ; que je ne pourrais plus me raccrocher à rien, que je n’aurais plus de motivation pour vivre. Je ne supporte plus ma vie, ni mon corps, encore moins mon passé. J’ai peur que mon futur soit aussi terne et fade que mon présent. Lorsqu’on me dit de rentrez chez moi, je n’ai qu’une envie : hurler, crier que ce lieu, n’est pas chez moi. Cet endroit, cette région, m’insupporte. Je veux juste prendre le prochain train, et partir, disparaître le plus loin possible, loin de cette vie, loin de mon chagrin. Partir Là-bas, et aller le rejoindre. Quitter les injures, les malheurs, les pleurs pour de simples moments de bonheur, que demande de plus? Retourner auprès de cette famille, de ces jeunes qui ont tant de bonnes choses à m’apporter, et surtout auprès de Lui, pour ne plus jamais repartir. Tel est mon rêve. Mais ce n’est pas possible. Je suis enchainée ici par des liens indestructibles, malgré mon envie de les briser à jamais. Je veux juste partir, partir pour espérer aller mieux…

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